mercredi, 17 mai 2006

Où est le plan B des non-istes?

medium_ue.jpgLa pause a été plutôt longue depuis le dernier post, j'en suis conscient. Je vais me rattraper, c'est promis.

Il y a un an, ils disaient qu'une autre Europe était possible, mais l'Europe n'a pas changé. Leur plan B n'existait pas, en réalité. C'était tout simplement du populisme et du protectionnisme déguisés en projet (?) politique. Comme le dit très bien Eric Le Boucher dans un article du Monde, "Un an après le non français au référendum sur la Constitution, rien ne va. L'Europe n'était pas assez sociale pour les nonistes ? Elle ne l'est pas devenue une once de plus, depuis ; on attend encore leur fumeux plan B. Mais elle n'est pas devenue plus libérale pour autant. Le résultat est perdu pour tous, l'Europe tout simplement s'est arrêtée."

Est-ce que les non-istes assument la responsabilité pour ce blocage? Bien sûr que...NON! Ils rejettent sans arrêt la faute sur les politiciens, sur les marchés, sur tout le monde, sauf eux-mêmes bien évidemment. Je prévois déjà une floppée de commentaires sur la soi-disant légitimité du NON. Je suggère à ceux qui auraient envie de faire cela de faire profil bas et de s'abstenir, par décence du moins, de commettre une erreur de plus.

mercredi, 12 avril 2006

Tocqueville, toujours d'actualité

medium_tocqueville.gifIl me semble qu'il y a une citation de Tocqueville dans L'Ancien Régime et la Révolution qui est toujours d'actualité. Enfin, vu que l'Ancien Régime dans sa dimension étatiste-césariste n'est toujours pas mort, en survivant sous un déguisement républicain qui a permis aux fonctionnaires de devenir une nouvelle aristocratie (qui n'arrête pas de prôner l'égalité, comme pour éviter qu'on les interroge sur leurs propres privilèges), il y a beaucoup de réflexions tocquevilliennes très actuelles. En voici une:

"Le gouvernement ayant pris ainsi la place de la Providence, il est naturel que chacun l'invoque dans ses nécessités particulières. Aussi rencontre-t-on un nombre immense de requêtes qui, se fondant toujours sur l'intérêt public, n'ont trait néanmoins qu'à de petits intérêts privés. (...) La lecture en est mélancolique: des paysans demandent qu'on les indemnise de la perte de leurs bestiaux ou de leur maison..."

Ca vous évoque les étudiants anti-CPE? Moi aussi. Entre un et trois millions d'égoïstes s'égosillant sur les dangers qui menacent "le futur de la nation" ont manifesté dans la rue ces derniers temps, sans plus parler des syndicats et des fonctionnaires qui défendent régulièrement leurs privilèges au nom de l'"intérêt public".

vendredi, 07 avril 2006

Le copinage avec l'Etat

medium_acquis.jpgCette note est, en fait, une suite à mes réflexions de la note précédente. Dans un cadre concurrentiel libre, les acquis sociaux sont obtenus par une augmentation de la productivité et de la compétitivité. Les critères essentiels sont donc tout simplement la capacité d'adaptation aux besoins des consommateurs et la qualité (parfois aussi la quantité) du travail effectué.

En ce qui concerne les acquis sociaux dans un cadre étatiste (comme en France et ailleurs), ces "victoires" sont obtenues contre un autre groupe (les chefs d'entreprise, les "nantis") avec le concours de l'Etat. Les acquis sociaux ne seront pas de vrais acquis fondés sur des critères strictement économiques, mais des avantages obtenus grâce au copinage avec l'Etat et en défaveur d'un autre groupe.

Mais en décidant d'intervenir dans l'économie du pays, l'Etat sera obligé de donner gain de cause tantôt à un groupe, tantôt à l'autre, ce qui fait qu'il ne sera jamais neutre en réalité. Inconsciemment, l'interventionnisme économique étatique constitue la prémisse d'une guerre civile permanente entre des lobbys (patronaux, syndicaux, estudiantins, etc.) qui essaient de s'allier avec l'Etat pour obtenir une position dominante. Mais au lieu de valser sans arrêt entre différents partenaires, ne serait-il pas plus simple que l'Etat se retire tout simplement de la danse?