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mercredi, 12 avril 2006

Tocqueville, toujours d'actualité

medium_tocqueville.gifIl me semble qu'il y a une citation de Tocqueville dans L'Ancien Régime et la Révolution qui est toujours d'actualité. Enfin, vu que l'Ancien Régime dans sa dimension étatiste-césariste n'est toujours pas mort, en survivant sous un déguisement républicain qui a permis aux fonctionnaires de devenir une nouvelle aristocratie (qui n'arrête pas de prôner l'égalité, comme pour éviter qu'on les interroge sur leurs propres privilèges), il y a beaucoup de réflexions tocquevilliennes très actuelles. En voici une:

"Le gouvernement ayant pris ainsi la place de la Providence, il est naturel que chacun l'invoque dans ses nécessités particulières. Aussi rencontre-t-on un nombre immense de requêtes qui, se fondant toujours sur l'intérêt public, n'ont trait néanmoins qu'à de petits intérêts privés. (...) La lecture en est mélancolique: des paysans demandent qu'on les indemnise de la perte de leurs bestiaux ou de leur maison..."

Ca vous évoque les étudiants anti-CPE? Moi aussi. Entre un et trois millions d'égoïstes s'égosillant sur les dangers qui menacent "le futur de la nation" ont manifesté dans la rue ces derniers temps, sans plus parler des syndicats et des fonctionnaires qui défendent régulièrement leurs privilèges au nom de l'"intérêt public".

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vendredi, 07 avril 2006

Le copinage avec l'Etat

medium_acquis.jpgCette note est, en fait, une suite à mes réflexions de la note précédente. Dans un cadre concurrentiel libre, les acquis sociaux sont obtenus par une augmentation de la productivité et de la compétitivité. Les critères essentiels sont donc tout simplement la capacité d'adaptation aux besoins des consommateurs et la qualité (parfois aussi la quantité) du travail effectué.

En ce qui concerne les acquis sociaux dans un cadre étatiste (comme en France et ailleurs), ces "victoires" sont obtenues contre un autre groupe (les chefs d'entreprise, les "nantis") avec le concours de l'Etat. Les acquis sociaux ne seront pas de vrais acquis fondés sur des critères strictement économiques, mais des avantages obtenus grâce au copinage avec l'Etat et en défaveur d'un autre groupe.

Mais en décidant d'intervenir dans l'économie du pays, l'Etat sera obligé de donner gain de cause tantôt à un groupe, tantôt à l'autre, ce qui fait qu'il ne sera jamais neutre en réalité. Inconsciemment, l'interventionnisme économique étatique constitue la prémisse d'une guerre civile permanente entre des lobbys (patronaux, syndicaux, estudiantins, etc.) qui essaient de s'allier avec l'Etat pour obtenir une position dominante. Mais au lieu de valser sans arrêt entre différents partenaires, ne serait-il pas plus simple que l'Etat se retire tout simplement de la danse?

19:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

mardi, 04 avril 2006

Les acquis sociaux

medium_ideologie.gif On parle beaucoup ces derniers temps des acquis sociaux. Qu'on en parle, c'est très bien, mais ce qui est aussi important est la manière dont on en parle.

Il existe, à mon avis, des acquis sociaux légitimes, à partir du moment où ils se font dans le cadre d'un marché concurrentiel libre sur la base d'une augmentation de certains facteurs économiques (productivité, compétitivité, etc.) Dès qu'on détache l'idée d'acquis des réalités économiques, la discussion devient vide de contenu, et la place libre laissée par l'économie est vite remplie avec de l'idéologie. Beaucoup d'idéologie.

Les manifestants anti-CPE et les syndicats ont tendance à parler des acquis sociaux dans un cadre téléologique d'inspiration marxiste où les acquis sociaux ne devraient cesser d'augmenter indépendamment des réalités économiques du présent. D'où les élucubrations sur le retour au 19e siècle en matière de droits des employés. En réalité, le CPE n'a rien d'une régression, il est juste une adaptation réaliste à la situation économique de la France. Il peut être perçu comme une régression uniquement si l'on porte les oeillères de cheval du déterminisme historique de la lutte des classes. Dans cette optique, les droits sociaux, une fois acquis, deviennent immuables et ils consacrent la fin de l'histoire après la "victoire finale" des ouvriers. Or, l'histoire est rétive et elle n'accepte pas les finalités (que ce soit la finalité marxiste ou la fin de l'histoire à la Francis Fukuyama). Le (ou la) "rêve générale" n'est donc pas une suite à la pseudo-épopée du prolétariat, elle est tout simplement une pseudo-lutte stérile contre les réalités présentes et contre la raison.

20:05 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Actualités

Méchant patron, méchant

medium_boss.jpg Je ne sais pas si je devrais être amusé ou embêté quand j'entends ces manifestants anti-CPE parler des "patrons" qui "exploitent" leurs employés et qui "osent" gagner davantage que les ouvriers.

Je suis loin, très très loin d'être un patron. Au contraire, sociologiquement parlant, je suis plus proche des étudiants. Cela étant dit, il y a une chose qui me dérange dans cette vision très caricaturale des chefs d'entreprise: les étudiants n'y voient que les avantages, mais ils ne voient pas les risques que les patrons prennent pour faire tourner leurs boîtes.

Oui, parlons aussi des efforts et des risques, pas seulement des avantages. Un patron qui vient de faire un prêt à la banque de disons 100.000 euros pour créer une société, risque cent fois plus que ses employés. S'il perd, il aura beaucoup plus à perdre que l'employé lambda qui vient de perdre son boulot. Les deux situations sont désagréables, certes, mais perdre 100.000 euros, c'est quand même plus tragique que perdre 2.000 euros pendant quelques mois. Puisque les risques sont plus grands, c'est normal que les gains soient aussi plus conséquents.

"Mais non", diront nos étudiants, "il faut qu'on partage les fruits du travail d'une manière égale". Et les risques, ils veulent bien les partager aussi? Ah non? C'est ce qu'on appelle vouloir le beurre et l'argent du beurre.

02:25 Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE

lundi, 03 avril 2006

Du bon usage du mot "facho"

medium_jettefleur.gifL'utilisation du mot facho en France est pour le moins surprenante. -Tu es pour la privatisation de la SNCF? Tu es un facho! -Tu es pour le CPE? Tu es un facho libéral! -Tu vas à l'église? Tu es un facho chrétien conservateur!

Bref, le mot facho sert tout simplement à disqualifier son adversaire, à lui signifier que ses idées sont fâcheuses, qu'il ne partage pas la pensée unique du gauchiste de base et qu'il a intérêt à rejoindre le plus vite possible les rangs du groupe dominant. C'est une notion qui non seulement ignore les différences entre les différents types de droite (la droite libérale - dont je me réclame, la droite conservatrice, l'extrême droite, etc.), mais qui disqualifie en bloc tout ce qui "ose" ne pas être à gauche. Cette notion, loin d'ouvrir le débat, ne fait que le fermer.

16:30 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Les manifestations anti-CPE: une perspective économique

medium_lemennicier.gif Voici un article qui, à mon avis, explique très bien le contexte économique des manifestations anti-CPE.

Sur le site du professeur Lemennicier il y a également d'autres articles qui pourraient vous intéresser.

06:50 Publié dans Analyse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

CPE: le temps du pillage est fini

medium_sorbonne.jpg Ces jeunes gens qui manifestent contre le CPE, savent-ils contre quoi ils manifestent? Enfin, oui, ils manifestent contre le CPE, contre la précarité, etc. C'est ce qu'ils disent, du moins, et ce serait bien si c'était aussi simple que ça. En réalité, ils manifestent pour le maintien d'un Etat-providence que leurs parents ont aidé à mettre en place. Pour ces étudiants, l'Etat est quelque chose qui est censé "donner": donner de l'argent, donner des droits, donner le maximum possible. Quand l'Etat donne, "c'est bien, puisque c'est gratuit". Ca, c'est la partie visible des choses, comme le dirait Frédéric Bastiat.

La partie invisible, c'est qu'on ne peut pas donner quelque chose sans le prendre ailleurs. Si certains peuvent bénéficier de services gratuits, c'est parce qu'ils ne coûtent rien? L'Etat a dit fiat lux, et la lumière fut? Il est vrai que l'Etat aime bien jouer le rôle de Dieu de temps en temps, mais en réalité il n'a pas créé ces bienfaits ex nihilo, puisque ces dons soi-disant gratuits sont payés avec l'argent des contribuables. Or, il arrive que les grands contribuables au budget (les entreprises) ont appris à dire non au pillage au nom de la "solidarité". Les entreprises en ont marre qu'on leur pose des conditions à l'embauche, elles en ont marre de payer des salaires à des ouvriers qui n'arrêtent pas de crier à l'exploitation. En plus, ces derniers temps, elles ont appris un mot magique: délocalisations.

Bref, l'Etat a enfin décidé d'admettre que le roi était nu et il a demandé l'aide de ses autres sujets (les étudiants, les ouvriers, etc.) Sauf que ceux-là étaient plutôt habitués à prendre qu'à donner. Avant, c'étaient les entreprises qui devaient faire des efforts pour eux, et non pas l'inverse. Que vont-ils faire maintenant que le temps du pillage est fini?

05:45 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Incipit

medium_liberty.jpg Je ne sais pas trop comment faire pour commencer un blog ou quand c'est que les autres en commencent un. On le fait probablement quand on a trop de choses à dire, ce qui est mon cas en ce moment... C'est aussi un instrument pour mettre ses idées en ordre, c'est bien à cela que l'écriture sert après tout. Donc, on commence!

05:15 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note